L'idée de paysage, de libre circulation du regard, d'errance est celle qui convient le mieux au propos du peintre, quel que soit son thème ou son style" (Henri Cueco) Et quand à cela s'ajoute un métier, une connaissance de l'histoire du paysage dans la peinture du XIXe comme chez Jocelyne Clémente, le face à face révèle bien des secrets. Si Jocelyne Clémente se promène, observe, détaille, photographie, elle ne peint pas sur le motif. Elle peint dans son atelier car la peinture est "cosa mentale". La rigueur qu'exige une montagne ou une vague, le scrupule que réclame un reflet dans l'eau font que la ressemblance est au-delà du modèle. On est souvent saisi par l'aspect changeant des paysages dans la nature. Ceux de Jocelyne Clémente font image, ils racontent. Ils échappent aussi, car ils bougent, s'éclairent, parlent, s'assombrissent au gré des tons, des couleurs, des valeurs employés par l'artiste. Elle fait circuler la lumière sur la totalité de la toile. Ainsi, ses paysages restituent à la vitesse de l'éclair une émotion. Et, ils subsistent sans que l'on sache trop quoi en faire, dans notre pensée émerveillée.

Catherine Plassart 2005